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FIA Formula 3000 International Championship |
Monaco F 3000 (Monaco).
Vendredi 2 et Samedi 3 juin 2000 – 5e manche du Championnat F.I.A. de F 3000
Après ce maudit mois de mai, marqué par les abandons des courses de Barcelone (casse mécanique) et du Nürburgring (accroché par un concurrent), Soheil et Coloni espéraient bien pouvoir se racheter sur un des plus célèbres circuits au monde. Pour ce faire, une séance d’essais privés sur le sinueux circuit de Magione (Italie) effectuée une semaine avant la course allait les aider à valider leurs réglages.
A l’inverse des années précédentes, aucune séance d’essais préliminaires n’était programmée pour les « 3000 » en principauté. Aucune chance donc pour les débutants de découvrir le tracé extrêmement exigeant de Monaco avant les qualifs. S’en suivi deux séances d’essais émaillées d’une multitude de drapeaux jaunes, tant les contacts avec les rails furent nombreux. Pour sa part, Soheil connaissait une première séance difficile, dans laquelle avoir un tour clair relevait de l’exploit. « Cette année, outre le fait de ne pas avoir d’essais libres, les organisateurs n’ont pas voulu scinder les concurrents en deux groupes, comme en 99. Aussi, nous disputons les deux séances d’essais qualificatives avec 30 voitures en piste. Vous devez faire autant attention aux trajectoires qu’aux concurrents au ralenti. Aussi, quand un tour clair se présente à vous, il ne faut pas manquer l’occasion. »
Soheil ne se classe que 20e de la première séance, à deux secondes pleines de la pole. « Mon train avant rebondissait trop sur les bosses au freinage, et j’ai été un peu brouillon dans mon pilotage. » Grâce à l’heure laissée entre les deux séances, Soheil et son ingénieur Michel Lecomte modifient les réglages du train avant. Les effets se ressentent rapidement, puisque Soheil profite de son seul tour clair pour se placer en 12e position, améliorant de 1’’1 son meilleur chrono. Mais les conditions de cette ultime séance ne lui permettent pas de poursuivre sa progression, et le pilote Carglass se classe finalement à une modeste 15e place, synonyme de course d’attente. « Je pense qu’il y a eu une bonne douzaine de drapeaux jaunes dans la seconde séance. Beaucoup de débutants ont tenté le diable... et ont tapé le rail. Pour ma part, je fais mon seul tour rapide en pneus neufs au bout de seulement deux tours, tandis que l’efficacité des gommes est au maximum dans les 5 et 6e tour. C’est dommage, mais il ne faut pas oublier que Monaco constitue une course longue, et la chaleur va être usante. Même en m’élançant de la 8e ligne, je peux tirer mon épingle du jeu en prenant un bon départ et en faisant une course d’attente. Il y a aura beaucoup de casse... »
Le départ du 3e Grand Prix F 3000 de Monaco est donné le samedi à 16h00. Placé à l’intérieur de la piste, Soheil s’élance bien comme à son habitude. Malgré son envie de prendre la trajectoire extérieure au premier virage, Soheil décide de rester sagement à l’intérieur, dans le « petit train » des concurrents. Une décision sage puisque l’entonnoir que constitue la courbe de Sainte Dévote représente un des endroits les plus chauds du circuit. Un pilote reste d’ailleurs sur le carreau, permettant au pilote Coloni de s’emparer de la 14e place. Soheil se trouve alors derrière l’Italien Piccini. Grâce à un rythme plus élevé, le pilote Carglass commence à se montrer pressant. Mais dépasser à Monaco s’avère plus difficile en F 3000 qu’en F 1, puisque le châssis Lola mesure 2 m. de large contre 1,80 m. pour les F 1. Souffrant de la chaleur caniculaire de ce samedi de juin, les freins de la monoplace de Soheil commencent à chauffer. Contraint d’attaquer plus tôt ses freinages, le pilote aixois perd immédiatement quelques longueurs sur son adversaire. « Ce problème de surchauffe m’était déjà arrivé à Imola, où il faisait également très chaud. A Monaco, en raison de la vitesse moyenne relativement réduite, les freins n’ont pas le temps de refroidir. Aussi, j’ai décidé de pomper sur la pédale de frein avant les deux freinages les plus importants du circuit, afin d’avoir à nouveau une voiture efficace ».
Un « système D » certes osé, mais qui porte immédiatement ses fruits puisque Soheil revient comme un boulet de canon sur Piccini. Au jeu des abandons, les deux pilotes pointent respectivement 9e et 10e. Décidé à dépasser le plus rapidement possible l’Italien, Soheil met une pression énorme sur le pilote de l’équipe Kid Jensen. Au but de deux tours Piccini, un peu optimiste, retarde trop son freinage à Sainte Dévote et élargit sa trajectoire. Soheil en profite immédiatement et s’engouffre à l’intérieur. Mais Piccini ne veut pas céder et braque sur Soheil pour l’empêcher de passer. Le pilote aixois décide de croiser la trajectoire de son adversaire, et l’attaque de l’autre côté. Mais l’Italien, décidément têtu, change une sa trajectoire et se dirige une nouvelle fois vers Soheil. Bloqué entre Piccini et le rail, Soheil ne peut éviter l’accrochage. Les deux monoplaces abandonnent quelques mètres plus loin. Nous sommes au 18e tour.
« La F 3000 est une catégorie beaucoup plus
agressive que la F 1, et il est fréquent de voir des passes d’armes à la
limite de la sportivité. Dans le cas de Piccini, il n’a pas respecté un des
points majeurs du règlement, a savoir que l’on n’a pas le droit de changer
plusieurs fois sa trajectoire. Il a zigzagué devant moi comme si nous étions
en karting, alors que nous pilotons des F 3000, qui plus est entre les rails de
Monaco. J’espère seulement que le pouvoir sportif sera aussi convaincant que
moi pour lui faire comprendre sa faute... Seulement onze pilotes ont terminé la
course de Monaco, et j’aurais fini à la 5 ou 6e place sans la manœuvre de
Piccini. Ma voiture était bien réglée pour la course. Nous effectuerons les
deux dernières journées d’essais officielles sur le circuit autrichien du A
1 Ring les 20 et 21 juin, avant la manche française du championnat qui se
disputera à Magny-Cours le 30 juin et le 1er juillet. »
Essais qualificatifs : 1. D. SAELENS (1’29’’178) – 2. S. BOURDAIS (1’29’’242) – 3. B. JUNQUEIRA (1’29’’329)… 15. Soheil AYARI (1’30’’101).
Course (50 tours) : 1. B. JUNQUEIRA (1h19’08’’755) – 2. J. DAVIES à 1’’599 – 3. D. SAELENS à 7’’726.
Classement général après 5 épreuves : 1. B.
JUNQUEIRA (38 points) – 2. N. MINASSIAN (18 points) – 3. M. WEBBER (14
points) … 17. Soheil AYARI (1 point).