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« Le syndrome Italien. »

 FIA Formula 3000 International Championship

A 1 Ring F 3000 (Autriche).
Vendredi 14 et Samedi 15 juillet 2000 – 7e manche du Championnat F.I.A. de F 3000


Le A 1 Ring, théâtre de la 7e manche du championnat, constitue le tracé qui réussit le mieux à Soheil en F 3000. En effet, c’est dans cette région verdoyante de la Stirie que le pilote Aixois avait vaincu le futur champion Juan-Pablo Montoya en 98, signant au passage la pole position et le meilleur tour en course. L’an dernier, avec Oreca, il s’était illustré en terminant deuxième derrière l’actuel pilote Prost G. P. Nick Heidfeld. Inutile de dire que Soheil ne cachait pas ses ambitions pour l’édition 2000.

Durant les 58 premières minutes des qualifications, on crut bien l’histoire se répéter. En effet, une fine pluie vint se déposer sur le circuit autrichien au tout début de la première séance d’essais. Par expérience, Soheil convint son team de chausser d’emblée les pneus pluie, pour qu’ils montent rapidement en température et signer ainsi un temps avant que la piste ne soit trop humide. Aussi, alors que la majorité des concurrents s’élançaient en pneus slicks, attendant l’accalmie, Soheil se hissait immédiatement en pole position, 1,5’’ devant son meilleur adversaire. Le choix du pilote Carglass s’avérait très vite le bon, tant on assista au balai des arrêts au stand pour passer en gomme pluie. Le tour de poker de Soheil lui permettait de tenir le leadership jusqu’en fin de deuxième séance.

Alors que la pluie s’était interrompue peu après la première qualification, la piste s’assécha lentement. Tout d’abord loin du temps canon de Soheil, certains concurrents commencèrent à s’en rapprocher. Pour sa part, le pilote Carglass se plaçait toujours dans les quatre meilleurs temps, restant à l’affût dans le cas où un adversaire aurait tenté de lui voler son bien. A dix minutes de la fin, son team lui indiqua de rentrer, pensant la cause entendue. Soheil, beaucoup moins certain, poursuivait son effort, changeant tour après tour ses repères de freinage en fonction de l’assèchement de la piste. Il rentrait finalement au stand devant l’insistance de Coloni. Soudain, dans les deux dernières minutes, bénéficiant d’une piste devenue pratiquement sèche, la majorité des concurrents se lançaient à l’attaque de la pole, et dans leur dernier tour rapide, une bonne partie améliorait le temps de la Lola n° 31. Furieux, Soheil reprenait la piste, mais n’ayant plus les bons repères de freinage, il n’améliorait pas son temps. Au final, il glissait dans l’ultime minute de la 1ère à la 13e place. « J’ai vraiment l’impression d’avoir connu à mon tour le syndrome italien, célèbre depuis la victoire de la France sur l’Italie en Coupe d’Europe de foot, tant Coloni a pensé la chose faite à quelques minutes de la fin. Je savais qu’il y avait encore un risque, et il fallait absolument rester en piste pour suivre l’évolution de l’adhérence. Ma voiture était compétitive, et j’aurais pu défendre mon bien, ou au pire rester sur les deux premières lignes. Sans cette erreur de jugement, nous aurions pu avoir de grands espoirs pour la course... »

Celle ci démarrait sur les chapeaux de roues pour Soheil puisqu’il passait trois concurrents et se retrouvait déjà 9e au troisième tour. Le couteau entre les deux, il déboîtait le Brésilien Melo grâce à une sortie de courbe plus rapide. Ce dernier donnait un premier coup de volant pour l’intimider, puis le tassait littéralement dans l’herbe. Se retrouvant les quatre roues hors piste, Soheil réussissait à regagner l’asphalte, mais partait en tête-à-queue, victime de l’herbe collée sur ses pneus. Il parvenait à ne rien toucher et repartait 19e. Revenu à la 14e place grâce à de superbes passes d’armes, il se faisait percuter par l’Allemand Scheld en perdition au freinage, et que Soheil venait de dépasser. A nouveau en fin de peloton, Soheil gagnait encore des places mais finissait par se faire accrocher par un Piccini trop optimiste qui harponnait l’arrière de la Coloni. « Encore une fois, nous avons vu des gestes peu sportifs et parfois maladroits, mais la F 3000 est une catégorie bien plus incisive que la F 1, et vous risquez toujours plus gros à partir en milieu de peloton. Nous sommes vraiment passé à côté de notre course durant les qualifs. »

Essais qualificatifs : 1. J. VON HOOYDONK (1’33’’336) – 2. D. SAELENS (1’33’’529) – 3. M. WEBBER (1’33’’776) … 13. Soheil AYARI (1’35’’419).

Course (48 tours) : 1. N. MINASIAN (1h10’42’’354) – 2. J. WILSON à 1’’414 – 3. D. MANNING à 5’’908 – Soheil AYARI : non classé.

Classement général après 7 épreuves : 1. B. JUNQUEIRA (38 points) – 2. N. MINASSIAN (38 points) – 3. M. WEBBER (17 points) … 18. Soheil AYARI (1 point).